En 1867, les félibres donnè- A-de-rêng baguent en troupo
rent asile au poète catalan Tour à tour buvons ensemble
Victor Balaguer, expulsé de sa Lou vin pur de noste plant!
patrie par le gouvernement de Le vin pur de notre cru!
Madrid pour activités politiques Coupo Santo
et régionalistes. Deux ans plus Coupe Sainte
tard, lorsque celui-ci put rentrer E versanto
dans son pays, les Catalans firent Et debordante
une souscription et offrirent aux Verjo à plen bord,
Provençaux, pour remerciement Verse à pleins bords,
de l’hospitalité qu’ils avaient Verjo abord
donné à Balaguer, une coupe Verse à flots
d’argent, oeuvre du sculpteur avi- Lis estrambord
gnonnais Fulconis et réalisée par Les enthousiasmes
l’orfèvre parisien Jarry. Sur la E l’enavans dî fort !..
coupe, où se dressent les figures Et l’énergie des forts !
de la Catalogne et de lâ Provence
enlacées, quatre vers étaient gra- Une fois par an, pour la
vés deux de Balaguer: Sainte-Estelle, le capoulié qui en
a la garde présente la coupe à la
Morte, on croit qu’elle est, tablée.
Moi, je la crois vivante, Il est d’usage dans les assem-
et deux autres de Mistral: blées félibréennes de se lever seu-
lement lorsque se chante le der-
Ah! si on pouvait m’entendre! nier couplet.
Ah! si on voulait me suivre!
Le 30 juillet 1869, lorsqu’il reçut la coupe, Mistral y versa du châteauneuf-du-pape et chanta pour la première fois les vers qu’il avait composés sur une musique adaptée d’un Noël de Saboly:
Prouvençau, veici la Coupo
Provençaux, voici la coupe
Que nous vên di Catalan
Qui nous vient des Catalans: