S’il est une danse typique de la Provence, c’est bien la farandole. Elle ne dépasse pas un Sud-Est qui irait de Nimes à Orange, Montélimar et Nice. En forçant à peine le trait, on peut dire que tout en elle nous fait remonter à la Grèce antique.
Et d’abord les instruments qui la rythment: le galoubet et le tambourin, jadis fabriqué d’une seule pièce dans un tronc de noyer évidé, qui nous viendrait des Phocéens. La danse ensuite, qui aurait été inventée par Thésée pour feter sa victoire sur le Minotaure. Parti de Crète et débarqué à Délos, après avoir fait un sacrifice à Apollon et consacré la statue d’Aphrodite qu’Ariane lui avait confiée, il exécuta avec les jeunes Athéniens une danse dont les pas cadencés qui s’entrelaçaient dans tous les sens évoquaient les tours et détours du labyrinthe.
C’est à coup sûr l’origine d’une danse traditionnelle grecque, mais ce serait aussi celle de la farandole, car, à Délos, la danse de Thésée fut appelée «la Grue » et, chose curieuse, dans certaines localités de Provence,la farandole s’appelait également jadis « la Grue». De même, on peut dire que la grande chaîne formée par les danseurs, lorsqu’ils évoluent à travers les places et les rues, menés par un conducteur qui leur impose avec virtuosité mille détours, n’est qu’une allusion au fil d’Ariane.
Selon certains, l’étymologie elle-même serait grecque, farandoulo ou falandoulo signifiant phalange ou esclave. il s’agirait donc d’une file d’esclaves enchainés les uns aux autres. D’autres y voient l’équivalent de l’espagnol faranda ou de l’allemand fahrende qui évoquerait une troupe de comédiens ambulants.
Pourquoi pas ?
L’essentiel pour la farandole est de faire la fete, une fete collectiveet débridée.