Selon l’époque de l’année ou les semences qu’ils désiraient confier à la terre, les paysans d’Auriol utilisaient plusieurs types de charrue, pour faire les labours.
La charrue dite « coutri » servait pour labourer les vignes et préparer le terrain pour les semences de céréales ou le maréchage. Le coutri pouvait creuser la terre de plusieurs centimètres, environ 20 centimètres pour un cheval, parfois plus mais avec plusieurs chevaux. Le coutri était muni d’un versoir qui permettait au laboureur d’enfouir le fumier ou l’engrais.
La charrue dite «décavailloneuse» ou «déchausseuse» son soc tordu servait uniquement à déchausser les vignes.
La charrue dite «Braban» servait pour labourer les tables de maréchage, les socs doubles tournaient l’un après l’autre au début de chaque sillon, ce qui permettait d’étaler la terre régulièrement.
La charrue dite «houe» ou «griffon» avec ces grilles servait à aérer la terre et sarcler l’herbe des vignes au printemps ou dans l’été.
La charrue dite «La herse» pour enterrer les semences.
La charrue dite «La herse planche» servait pour casser les mottes de terre après un labourage.
Bien avant la charrue et pour venir à bout de terrains pentus ou pierreux on utilisait une charrue que l’on appelait «Araïre» avec cette charrue, on pouvait non seulement fendre la terre caillouteuse et travailler les terrains pentus, mais encore labourer les vignes sans nuire à leur croissance.
Dans les petites cultures, les paysans n’avaient que l’Araïre pour retourner la terre. Lorsqu’un laboureur voulait obtenir un beau résultat, il passait deux fois l’Araïre dans un champ de manière à faire croiser les sillons en angle droit. On disait alors : croisa la rego (croiser le sillon).
L’Araïre était employée pour les semis du blé et ceux des plantes légumineuses.
La construction de l’Araïre en bois et son utilisation remonte aux années 1900/1930, sa construction demandait le choix d’un bois de taille et de forme appropriées pour constituer le corps de l’araïre et son unique mancheron.
Il serait difficile de décrire les araïres du début de 1800, mais elles ne devaient pas différer de beaucoup de celles utilisées bien des années plus tard. Cependant d’après certaines archives, il semblerait que ces charrues à un seul mancheron étaient entièrement en bois y compris le soc. Suivant la nature des sols, ces socs ne devaient pas être d’un long usage.
Le travail du labour est un art, et une complicité entre le maître et l’animal.
Aujourd’hui rares sont les paysans qui labourent encore avec une bête, cependant des passionnés organisent pour leur plaisir et pour maintenir ce savoir faire des journées ou des concours de labours.