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Disposant des matières premières en abondance, huile d’olive, soude et sel de Camargue, la
Provence devient dès le Moyen Âge la région de la savonnerie par excellence.
Marseille s’impose au 17ème siècle comme le premier fabricant français de savon, suivie par
Salon de Provence, puis Toulon.
En 1688, par l’édit de Colbert, Louis XIV institutionnalise le savon de Marseille, en fixant ses
règles de fabrication : outre la cuisson dans de grandes chaudières, obligation est faite de
n’utiliser comme huiles végétales, que des huiles d’olives pures, proscrivant toute graisse animale.
Cet édit permit au savon de Marseille d’acquérir une renommée qui ne devait plus le quitter.
L’âge d’or du savon de Marseille.
Le 19ème siècle et le début du 20ème siècle signent l’âge d’or du savon de Marseille, le « 72%
d’huile, Extra pur ». Marseille et salon de Provence prospèrent grâce à l’industrie de la savonnerie
et de l’huilerie, moteurs de l’économie régionale.
Les années 1940 marquent la fin de la période faste : l’industrie de la savonnerie ne cesse
de décliner dans la région marseillaise.
Ce déclin a plusieurs causes, telles que l’apparition des détergents de synthèse et la
généralisation de la machine à laver, le développement des grandes surfaces, la création
de nouvelles savonneries dans les régions extra-méridionales et la concurrence étrangère
qui vend les savons moins chers, mais dont la qualité est nulle.
Etapes de fabrication
L’empattage : dans d ‘énormes chaudrons de 10000 à 40000 litres, les huiles additionnés
de soude sont chauffées entre 120° et 130° et se transforment en pâte de savon.
Le relargage ou lavage : la pâte est lavée plusieurs fois à l’eau salée afin d’éliminer
la soude restante et de séparer la glycérine qui sera soutirée.
La cuisson en chaudron et la liquidation : plusieurs lavages à l’eau pure sont ensuite
effectués afin de débarrasser le savon de toute impureté et du sel en surplus. Dans
le but de rendre le savon très fluide, le Maître savonnier réalise un dernier ajout d’eau
(liquidation) et contrôle la neutralité parfaite de la pâte. Le savon est terminé.
Le coulage : la pâte de savon encore chaude est coulée dans des bacs de refroidissement
rectangulaires en ciment, façonnés au sol. La pâte a une température de 50°à 60°.
Elle va se solidifier pour former une véritable chape de savon d’une épaisseur variable
selon le grammage désiré et sèche pendant 48h.
Le découpage et le séchage sur les canisses : les cubes de savons sont rangés sur
des » claies « ou » canisses » pour les sécher le plus possible et améliorer leur
homogénéité.
L’estampillage : le cube de savon, est marqué sur les 6 faces dans une mouleuse.
Vertus du savon de Marseille
Le savon de Marseille est très doux pour la peau. Il nettoie sans provoquer d’allergie puisqu’il
ne contient ni parfum, ni colorant. La couleur verte de certains savons de Marseille vient tout
simplement de l’huile qu’il contient. Très pur et naturel, il convient à toutes les peaux, même
les peaux sensibles ou certaines peaux intolérantes. Il est recommandé pour les personnes
qui ne supportent pas les savons ou gel à base de produits de synthèse. Le savon est un
détachant efficace, c’est un désinfectant, il est utilisé pour les textiles délicats et recommandé
pour le linge de bébé.
Du fait de sa composition 100% naturelle, le savon de Marseille est totalement biodégradable,
et donc respectueux de l’environnement. Sa présentation en cubes le rend beaucoup plus
écologique (moins d’emballage, pas de tensioactifs issus des extraits dérivés du pétrole) et
plus économique (durée de vie plus longue) que les gels douche et les lessives liquides.
Aujourd’hui, les consommateurs redécouvrent les vertus de ce produit naturel, alternative aux
produits dérivés des industries chimiques et pétrolières.
Le renouveau du savon de Marseille ne pourra cependant jamais retrouver l’importance qu’il
a connue. En effet, des 108 savonneries à Marseille et des 14 à Salon de Provence en 1924,
seules trois ou quatre grandes persistent à Marseille et deux à Salon.
Chargé d’histoire, le savon de Marseille est devenu un objet patrimonial.